La Belgique s’engage dans la lutte contre la corruption liée aux crimes contre la faune sauvage et les forêts en Afrique

A l’occasion de la signature ce 12 février par le Ministre Didier Reynders, Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires étrangères et européennes et Ministre de la Défense, d’un engagement d’un montant de deux millions d’euros en faveur de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (+ d’info sur https://diplomatie.belgium.be/fr/newsroom/nouvelles/2019/lutte_contre_corruption_liee_aux_crimes_contre_faune_sauvage_et_forets ), François-Xavier de Donnea a prononcé le discours suivant :

DISCOURS PRONONCE AU PALAIS D’EGMONT LE 12 FEVRIER 2019 A L’OCCASION DE LA SIGNATURE PAR M. REYNDERS, VICE-PREMIER MINISTRE, DE L’ENGAGEMENT DE LA BELGIQUE AU FONDS « COMBATTING CORRUPTION AND WILDLIFE IN AFRICA » DE L’OFFICE DES NATIONS UNIES CONTRE LA DROGUE ET LE CRIME (UNODC).

Excellences,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de saluer l’engagement de la Belgique, pris sous l’impulsion de son vice-premier ministre Monsieur Didier Reynders, de faire une importante contribution au Fonds « Combatting Corruption linked to Wildlife and Forest Crime in Africa ».

La préservation des forêts africaines est non seulement un enjeu majeur pour les populations autochtones, mais aussi pour l’ensemble de l’humanité. Leur dégradation profonde ou leur disparition provoquerait des changements climatiques affectant tous les continents. Leur biodiversité, patrimoine précieux de l’humanité, serait gravement affectée. De nombreuses espèces animales n’existeraient plus que dans des zoos ou à l’état de fossiles. Les générations présentes vont-elles tolérer l’apparition  de « dinosaures du XXIème siècle » ? Les générations suivantes nous le reprocheraient vivement.

Il est encore temps de sauver ce patrimoine unique, mais il est moins cinq…

La pauvreté de bien des populations autochtones, la pression démographique,  les changements climatiques, la mauvaise gouvernance, la corruption  et la cupidité de trafiquants internationaux d’espèces protégées et de  bois précieux font peser des menaces de plus en plus graves et imminentes sur les forêts africaines.

Selon des estimations récentes du WWF, 12 millions d’hectares de forêts pourraient avoir disparu entre 2010 et 2030 dans les forêts du Bassin du Congo. Soit quatre fois la superficie de la Belgique !

Depuis quelques décennies le braconnage d’éléphants, de rhinocéros, de pangolins et d’autres espèces protégées se pratique à l’échelle industrielle avec des armes de guerre, voir des hélicoptères. On est loin du braconnage artisanal  visant à se fournir en viande de brousse.

En 1960, le parc de la Garamba, situé en Haut-Uele en RDC, comptait quelques 20.000 éléphants, des centaines de rhinocéros et de girafes. Aujourd’hui il y reste environ 1300 éléphants et 48 girafes. Les deux derniers rhinos ont été exterminés voici une douzaine d’années.

En 2012, dans le parc de Bouba Njida au Nord-Ouest du Cameroun, près de 500 éléphants,  sont tombés sous les balles de dizaines de braconniers soudanais et tchadiens, équipés d’armes de guerre automatiques, opérant en groupe organisé et progressant à cheval.

Revenus en janvier 2018,  les braconniers soudanais y tuèrent 6 membres des forces spéciales camerounaises et deux gardes.

Entre 2002 et 2010, 4.000 éléphants furent braconnés dans le parc de Zakouma au Tchad, soit 95 % de son cheptel.

Au parc des Virunga au Nord-Kivu quelques 22.000 hippopotames ont été abattus pendant la guerre civile de 1997 à 2002. Les éléphants y  ont disparu des plaines de la Rwindi, où ils se comptaient par centaines auparavant.

Je ne vais pas prolonger cette litanie funèbre qui concerne aussi de nombreuses autres aires protégées africaines.

Heureusement,  ces braconnages industriels et transfrontaliers ne sont pas une fatalité. La reprise en main de certains parcs, dans le cadre de partenariats publics-privés, à permis d’enrayer la machine mortifère. Zakouma n’a plus perdu que 24 éléphants par braconnage depuis 2010. Il n’en a perdu aucun  ces deux dernières années. Le cheptel y est remonté d’environ 200  à quelques 600 éléphants.  Le parc de la Garamba n’a plus perdu que deux éléphants l’an dernier. Les éléphants repeuplent actuellement  la vallée de l’Ishasha dans le    parc des Virunga à la frontière avec le Queen Elisabeth National Park. Les gorilles de montagne de la chaine des Virunga ont échappé à l’extinction.

Néanmoins, deux  défis énormes et complexes sont à relever par les responsables des aires naturelles en Afrique.

Les braconnages « industriels » sont de plus en plus le fait de groupes armés transfrontaliers, se déplaçant sur des distances énormes. Des bandits soudanais opèrent jusqu’au Cameroun et le Nord de la RDC en passant par le Centrafrique et le Tchad. Des pasteurs transhumants armés descendent du Sahel, sous la pression des changements climatiques et de la croissance démographuque qui y réduisent les pâturages. Ils vont  jusqu’aux provinces du Bas et du Haut-Uele au Nord de la RDC . Ils s’y livrent aussi au braconnage. La coopération sous-régionale et transfrontalière est donc devenue une condition sine qua non de la  lutte efficace contre ces groupes mobiles. Ce fut le thème central de la Conférence que le Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo  a organisé du 23 au 25 janvier dernier à N’Djamena.

Par ailleurs, les prix pharamineux de l’ivoire et de la corne de rhinocéros sur les marchés de consommation permettent aux trafiquants de corrompre tant de hauts responsables politiques et administratifs, que des membres des forces de l’ordre, de la justice, des douanes et des petits acteurs de terrain. Un kilo d’ivoire vaut un kilo d’or, soit environ 40.000 dollars. Un kilo de corne de rhino vaut près  de 60.000 dollars !

Mais la corruption n’est pas non plus une fatalité en Afrique. Des exemples édifiants d’intégrité d’éco-gardes en témoignent. Ainsi, lorsque l’an dernier des éco-gardes camerounais arrêtèrent un colonel de gendarmerie avec des dizaines de pointes d’ivoire dans son véhicule, ils refusèrent le pot de vin proposé par le colonel pour sa libération et le livrèrent à la justice. Autre exemple, un officier supérieur des éco-gardes du Parc de la Virunga refusa des pots de vin offerts par la société pétrolière SOCO. Il accepta de témoigner contre elle. Il  joua ainsi un rôle majeur dans la déroute de SOCO au parc des Virunga.

La  lutte contre la corruption liée à la criminalité faunique et forestière est donc essentielle pour préserver la flore et la faune africaine. Mais la corruption est une pieuvre aux tentacules multiples. La  question se pose de savoir par quelle tentacule la saisir pour la combattre efficacement.

Une priorité est de donner aux appareils policiers et  judiciaires  la capacité de poursuivre et de sanctionner effectivement les trafiquants corrupteurs actifs et les corrompus de tous poils.

Dans certains pays les tribunaux manquent parfois des moyens matériels requis pour organiser les procès des criminels fauniques et forestiers qui leurs sont remis par les  autorités des aires naturelles protégées. Celles-ci doivent alors couvrir les frais des procès pour qu’ils aient bien lieu. Ceci peut toutefois conduire à des dérives malsaines évidentes…

Mais, il faut aussi trouver le moyen de mettre les magistrats, policiers, douaniers et éco-gardes à l’abri des tentations. S’ils reçoivent des salaires de misère ou médiocres, ils seront très vulnérables aux chants de sirène des braconniers et trafiquants.

Est-il concevable de créer dans certains pays africains des corps de policiers et de magistrats, voir de douaniers, correctement rémunérés et  spécialisés dans la lutte contre la criminalité faunique et forestière, tant au niveau du braconnage et du trafic, que de la corruption connexe ? C’est sans doute une des  pistes à explorer par la UNODC.

Mais il est en général plus facile d’attraper les lampistes du braconnage que leurs parrains et commanditaires,  parfois très  haut placés dans la hiérarchie de l’Etat. Les braconniers qui attaquèrent en 2012 la réserve de faune à  okapis d’Epulu  en RDC, y massacrant gardes et animaux, travaillaient, selon certaines sources bien informées,  pour un général des FARDC basé à Kisangani.

Pour neutraliser et punir des personnalités haut placées corrompues, complices ou acteurs de criminalité faunique et forestière, il est indispensable de pouvoir compter sur la collaboration du chef de l’Etat. C’est déjà le cas dans plusieurs pays africains, mais pas encore partout. S’assurer de la collaboration volontariste des chefs d’Etat pour sanctionner les corrompus : voici un autre défi à relever par la UNODC.

Enfin, dans la mesure où le braconnage est de plus en plus organisé à l’échelle transfrontalière et sous-régionale, il faut susciter des coopérations judiciaires transfrontalières. Je pense notamment à une  coopération judiciaire  RDC-Ouganda,  dans le cadre de la « Greater Virunga Transboundary Collaboration ». Je pense aussi à une coopération judiciaire Cameroun-Tchad dans la région des parcs contigus de Bouba Njida (Cameroun) et Sene Oura (Tchad). Le Président Déby du Tchad m’a dit qu’il n’est plus possible de gérer le parc de Sene Oura sans un accord de coopération  avec le Cameroun. Il est en gestation, mais non encore conclu. Un accord de coopération judiciaire RDC-Sud Soudan  concernant les parcs contigus de la Garamba et de Lantoto, complèterait utilement l’accord de lutte anti-braconnage que les délégations des deux pays présentes à N’Djamena fin janvier ont décidé de conclure. La contribution  de la Belgique au Fonds de la UNODC est donc  importante. Elle vient à son heure.

Je souhaite bon vent à la UNODC. Elle a bien du pain sur la planche !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence sur le braconnage: Déclaration de N’Djamena

Du 23 au 25 janvier, François-Xavier de Donnea, Facilitateur du PFBC, a organisé au Tchad, une conférence sur le braconnage.

A cette occasion, il a prononcé le discours suivant : Discours NDjamena 25.01.19 Facilitateur PFBC

Les travaux des Pays et organisations qui y participaient dans le cadre du dialogue politique de haut niveau se sont clôturés par l’adoption de la Déclaration de N’Djamena par laquelle ils prennent une série d’engagements et demandent :

à Son Excellence IDRISS DEBY ITNO, Président de la République du Tchad de bien vouloir faire le plaidoyer auprès de ses pairs pour organiser le troisième Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement des pays de la COMIFAC.

à la CEEAC, dans le cadre de la lutte anti braconnage transfrontalière et de l’écosécurité, d’organiser une réunion des autorités en charge des aires protégées, de la sécurité et de la défense sur la compréhension et la mise en oeuvre de la « Convention pour le contrôle des armes légères et de petit calibre » ;

à l’UNESCO dans le cadre du Programme Homme et Biosphere (MAB), en collaboration avec les partenaires techniques et financiers de faciliter la mise en place et le fonctionnement d’un cadre de concertation sur la transhumance qui permettrait d’analyser les questions fondamentales liées à la transhumance transfrontalière et d’en développer les solutions idoines ;

aux Etats membres de l’OCFSA et aux partenaires techniques et financiers de renforcer cette institution pour qu’elle puisse accomplir convenablement sa mission ;

à la CBLT, la COMIFAC, la CEEAC, la CEDEAO, le CILSS et les partenaires techniques et financiers, de faciliter la construction de points d’eau, la production de fourrages et l’aménagement de pâturages en vue de restaurer la fonctionnalité des écosystèmes dans la zone du Bassin du Lac Tchad.

Le texte complet de la Déclaration peut être consulté  ici

 

 

Parc de la Garamba : des projets au profit des populations environnantes

François-Xavier de Donnea s’est rendu dans le Parc de la Garamba (en République Démocratique du Congo), dont il préside le Conseil d’Administration, pour évaluer l’état d’avancement des différents projets qui y sont menés.

En marge de cette visite, il s’est ensuite rendu à Isiro pour rencontrer le Gouverneur du Haut-Uele, le Dr. J.P. Lola (à dr. sur la photo ci-dessus), ainsi que le gouvernement provincial.

Le but de cette rencontre consistait à leur présenter l’état d’avancement des projets gérés par le parc au profit des communautés environnantes.

 

Passation de pouvoir

Le 3 décembre 2018, François-Xavier de Donnea a présidé pour la dernière fois la semaine africaine du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, à Banjul en Gambie. Une instance qu’il présidait depuis 1999.

Cette 34è réunion, a été l’occasion d’une petite cérémonie de passation de pouvoir entre François-Xavier de Donnea et son successeur à la tête du Club,  le Dr. Ibrahim Mayaki, ancien premier ministre du Niger et actuellement Secrétaire Exécutif de l’Agence du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique de l’Union africaine).

 

 

La Déclaration de Bruxelles ; un engagement pour une gestion durable des forêts du Bassin du Congo

A l’initiative de François-Xavier de Donnea, Facilitateur, la 18è Réunion des Parties du Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo s’est déroulée à Bruxelles, les 27 et 28 novembre dernier, en présence de S.A.R. la Princesse Esmeralda de Belgique et du Premier Ministre, Charles Michel.

Représentant les milieux scientifiques, académiques, politiques, les Institutions internationales, les ONG, la société civile des zones concernées et les médias, plus de 450 personnes participèrent aux différents ateliers et à la séance plénière.

Le thème de cette rencontre se focalisait sur ‘L’avenir durable pour les forêts du Bassin du Congo, leurs habitants, leur faune et leur flore’. Outre la qualité et la richesse des échanges, la 18è Réunion des Parties du PFBC a permis de déterminer des engagements importants pour le futur de cette région, engagements coulés dans ‘La Déclaration de Bruxelles’ (Lire le reportage paru dans Afrique Environnement Plus).

Déclaration de Bruxelles
18è Réunion des parties du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo

Les pays et organisations membres du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo, réunis à Bruxelles dans le cadre de la 18è réunion des Parties, auxquels s’associent les participants au dialogue politique de haut niveau organisé à cette occasion par la facilitation belge du PFBC :

A.  Rappellent que les forêts du Bassin du Congo, qui forment le second massif forestier tropical de la planète  et  s’étendent  sur  deux  millions de km2,  sont  le  cadre  de  vie  de  trente  millions  de personnes, constituent un pôle de biodiversité unique au monde, contribuent aux efforts globaux
en vue de l’atténuation du changement climatique et représentent un réservoir de ressources renouvelables pour le développement durable des pays d’Afrique centrale;
B.  Estiment que, gérées durablement en tant que ressources renouvelables, notamment dans les aires  protégées,  ces  forêts  sont  à  même  de  constituer  un  formidable  vecteur  de  croissance économique  et  de  création  de  richesses  pour  les  populations  actuelles  et  futures  des  pays d’Afrique centrale ;
C.  Soulignent  que  la  mise  en  œuvre  de  cadres  de gouvernance  efficaces,  impliquant  une participation active de la société civile, des peuples autochtones, des communautés locales, des femmes et des jeunes, est nécessaire pour protéger le potentiel des forêts du bassin du Congo et pour  empêcher  un  appauvrissement  irrémédiable  de  leur  biodiversité  abondante  et exceptionnelle;
D. Réaffirment leur engagement permanent à œuvrer à la conservation et à la gestion durable des forêts du bassin du Congo, de la riche biodiversité qu’elles abritent, et de leur potentiel pour améliorer les conditions et les modes de vie de toutes les populations qui, localement et à travers le monde, bénéficient de leurs ressources et de leurs services éco systémiques ;
E.  Réaffirment:
  L’importance  à  accorder  à  une  application  efficace  des  cadres  juridiques  et réglementaires nationaux, qui doivent constituer le principal pilier de gouvernance pour entretenir les valeurs économiques, biologiques et culturelles des ressources naturelles renouvelables des forêts du bassin du Congo ;
  Le rôle de la gestion durable des forêts dans le contexte des efforts globaux pour lutter contre le changement climatique ;
  L’importance  du  fonctionnement  efficace  des  organisations  régionales  dédiées  à  la conservation des forêts d’Afrique centrale et de leurs valeurs, et considèrent à cet égard les engagements pris par les Etats d’Afrique centrale dans la déclaration de Yaoundé (1999),  dans  le  traité  instituant  la  COMIFAC  (2005)  et  dans  la  décision  faisant  de  la COMIFAC un organisme spécialisé de la CEEAC (2007) ;
F.  Considèrent  que  les  partenariats  entre  pays  d’Afrique  centrale  et  avec  la  communauté internationale, en ce compris les financements, jouent un rôle essentiel dans les efforts que ces pays mettent en œuvre pour conserver et gérer durablement leurs ressources naturelles;
G. Considèrent  que  les  nombreuses  conventions  et  initiatives intergouvernementales, internationales  et/ou  régionales  consacrées  au  développement  durable  à  l’échelle  globale peuvent d’une part renforcer les efforts nationaux et les partenariats bilatéraux qui appuient la mise en œuvre de cadres de gouvernance propices à la gestion durable dans les forêts du Bassin du Congo ; et d’autre part contribuer à la réalisation des objectifs du développement durable ;

1.  En  ce  qui  concerne  les  efforts  de  conservation  et  de  gestion  durable  des  écosystèmes,  de  la biodiversité et des exceptionnelles ressources fauniques des forêts du Bassin du Congo :
  Notent que le Conseil de sécurité des Nations Unies a établi que le trafic d’espèces sauvages issues des forêts du Bassin du Congo alimente les conflits et menace la sécurité régionale et nationale. Le trafic des espèces sauvages et l’exploitation des ressources naturelles peuvent également financer des milices et des groupes armés ;
  Soulignent  l’importance  de  mettre  en  œuvre  des  efforts  intersectoriels  concertés  en  vue  de combattre  le  braconnage  transfrontalier  en  Afrique  centrale,  en  mobilisant  notamment  les Ministères chargés de l’Environnement et des Forêts, de la Défense, de l’Agriculture, ainsi que les Ministères de la Justice et de l’Intérieur ;
  Soulignent que les pays destinataires des trafics et les agences internationales (telles que la CITES) ont un rôle dans la mise en œuvre d’approches visant à améliorer la surveillance, à dissuader les trafics, et à appuyer les cadres opérationnels sous‐régionaux de lutte anti‐braconnage ;
  Rappellent que l’exploitation forestière illégale et les autres pratiques illégales d’exploitation des terres et des ressources naturelles menacent les forêts du bassin du Congo, affaiblissent l’état de droit et peuvent également constituer une source de conflits ;
2.  En ce qui concerne la contribution du secteur privé à la gestion durable des forêts et des autres ressources naturelles exploitées dans le bassin du Congo :
  Encouragent  le  secteur  privé  à  œuvrer  dans  la  transparence  et  à  participer  aux  initiatives d’encadrement  volontaire  des  bonnes  pratiques  qui  existent  dans  la  plupart  des  secteurs économiques impactant les forêts du bassin du Congo;
  Soulignent  que  le  développement  de  modèles  économiques  durables  par  le  secteur  privé nécessite des cadres politiques, juridiques et fiscaux clairs et stables, notamment en matière d’aménagement du territoire, et encouragent les pays d’Afrique centrale et leurs partenaires internationaux à œuvrer en ce sens ;
3. En ce qui concerne les efforts communs déployés dans le bassin du Congo pour lutter contre le changement climatique :
  Encouragent  la  coordination  et  la  cohérence  des  stratégies,  des  programmes  d’appui  et  des mécanismes de financement, selon les cas, dans les pays du Bassin du Congo, notamment au niveau du processus REDD+ (Réduction des Emissions liées à la Déforestation et à la Dégradation), de la formulation des CDN (Contributions Déterminées au niveau National, dans le cadre de l’Accord de Paris), et de la mise en œuvre du défi de Bonn (restauration des paysages forestiers) ;
  Mettent  en  exergue  le  rôle  clé  des  tourbières  du  bassin  du  Congo  dans  les  stratégies d’atténuation et d’adaptation, et appellent à l’adoption d’approches pour leur gestion durable;
4.  En ce qui concerne la contribution de la recherche scientifique et des institutions de formation à la conservation et à la gestion durable des forêts du bassin du Congo :
  Se réjouissent de la diversité des initiatives de recherche visant à améliorer les connaissances sur les  dynamiques  biologiques  et  environnementales  qui  conditionnent  le  maintien  et  le
renouvellement des ressources naturelles des forêts du Bassin du Congo ; notamment en ce qui  concerne la contribution de ces forêts aux efforts d’atténuation du changement climatique ;
  Apprécient et encouragent les efforts communs des organismes de recherche et des institutions de formation des pays d’Afrique, d’Europe et d’Amérique visant à avoir recours à une stratégie commune  et  à  mettre  en  place  un  réseau  international  spécifiquement  dédié aux études interdisciplinaires sur la valorisation et la préservation des ressources naturelles des forêts du Bassin du Congo.

Apprentissage mutuel et partage des connaissances

En prélude à la Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest qui se tiendra à Banjul en Gambie du 3 au 8 décembre 2018, François-Xavier de Donnea qui quittera ses fonctions de Président après 10 années passées à la tête du CSAO, a publié l’éditorial suivant :

 

Notre rassemblement annuel est devenu un espace incontournable de dialogue et de concertation sur les enjeux alimentaires et nutritionnels pour les acteurs du développement au Sahel et en Afrique de l ́Ouest. Chaque année, la Semaine nous amène dans un pays di érent rassemblant quelque 300 participants. Je suis particulièrement fier de tenir cette édition 2018 dans « la nouvelle Gambie », un pays qui aspire à construire un État moderne, stable et responsable, fondé sur la démocratie, la bonne gouvernance, le respect des droits humains, la sécurité et la prospérité pour tous. 

Le renforcement de l’intégration régionale est particulièrement important pour un pays comme la Gambie qui est étroitement lié au Sénégal, la totalité de son territoire n’étant qu’à quelques kilomètres des 750 km de frontières partagées ; le commerce transfrontalier y est dynamique avec une population extrêmement mobile qui partage un patrimoine culturel commun.
Au cours des dix dernières années, j’ai eu le plaisir de participer à la plupart des événements du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, notamment les réunions biannuelles du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA) ainsi que toutes les éditions de la Semaine. La Semaine m’a ainsi emmené à Bamako, Accra, Praia,
Ouagadougou, Abidjan, Milan, Bruxelles, Abuja, Cotonou et cette année à Banjul. Chacun de ces événements était unique à sa manière mais tous partageaient une caractéristique commune : un esprit positif d’ouverture, d’apprentissage mutuel et de partage. Nous savons tous combien il est parfois di icile de décloisonner nos
équipes, nos départements et nos organisations, sans parler des di icultés rencontrées lorsque l’on travaille dans di érents secteurs, éloignés géographiquement et parfois même en rivalité pour certains budgets. 

Sans confiance, nous ne partageons pas facilement nos expériences et nous sommes plus réticents à apprendre de celles d’autrui. Le premier pas pour développer cette confiance est d’apprendre à mieux se connaître. C’est pourquoi nous avons décidé d’insister une fois de plus sur l’apprentissage mutuel et le partage de l’information.
Tout au long de la Semaine, nous vous o rirons l’opportunité de mieux nous connaître et de découvrir les priorités de travail et les actions de nos Membres ainsi que des principales parties prenantes.
Mon mandat de président du Club touche à sa fin et cette année verra ma dernière Semaine du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. J’ai eu la satisfaction de voir sous ma présidence le Canada, le CILSS, la CEDEAO, l’UEMOA et l’Union européenne devenir Membres du Club, rejoignant l’Autriche, la Belgique, les États-Unis, la France,
le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. Le Club s’appuie désormais sur une gouvernance partagée entre les organisations régionales et leurs partenaires. Ma priorité au cours de ces dix dernières années a toujours été de développer des passerelles entre l’Afrique de l’Ouest et le reste du monde et de faire en sorte que les
préoccupations de l’Afrique soient entendues sur la scène internationale. Je suis certain que le Club continuera à grandir et à remplir ses missions en tant que plateforme de dialogue sans équivalent dans le paysage international de développement. La Semaine o re une formidable opportunité pour échanger les informations,
approfondir le dialogue et développer la confiance entre les parties prenantes de la région.


Je vous invite à en tirer le meilleur.

 

Une conférence ministérielle sur le braconnage en janvier 2019

Du 22 au 25/10, François-Xavier de Donnea, Facilitateur du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo, s’est rendu au Tchad dans le cadre de l’organisation par le Partenariat, la Commission pour les Forêts d’Afrique Centrale et le Tchad, d’une Conférence ministérielle sur la circulation trans-frontalière des groupes armés se livrant au braconnage dans la sous-région comprenant le Tchad, le Niger, le Soudan, le Cameroun, la République centrafricaine, le Sud-Soudan et la RD Congo.

 

Cette Conférence se réunira à N’Djamena du 23 au 25 janvier  2019.

 

A cette occasion François-Xavier de Donnea a été reçu en audience par le Président de la République du Tchad, M. Idriss Déby.

 

Découvrez le nouveau site Internet de la Fondation Virunga

François-Xavier de Donnea, Président du Fonds Virunga Belgique, a le plaisir de vous présenter le tout nouveau site Internet de la Virunga Foundation, Fondation gestionnaire du Parc national des Virunga :

http://www.virunga.org/fr

Parcourez le sans attendre pour découvrir ce Parc grandiose, sa faune et sa flore uniques et pour tout savoir des efforts entrepris pour protéger les derniers gorilles de montagne.

Regardez aussi la vidéo dans laquelle Emmanuel de Merode, Directeur du Parc, présente l’Alliance Virunga et les projets de développement menés au profit des populations environnantes.

 

 

 

Les Membres nomment le nouveau président du CSAO

Le conseil d’administration du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO), réuni les 18 et 19 juin 2018 à Paris, a nommé le Dr Ibrahim Assane Mayaki, actuellement Secrétaire exécutif du NEPAD, président du CSAO. Il prendra ses fonctions le 1er janvier 2019.

Le CA du CSAO a exprimé sa gratitude au président François-Xavier de Donnea, pour son engagement exceptionnel en faveur du Club depuis près d’une décennie.

A cette occasion, François-Xavier de Donnea a prononcé un discours et a donné une interview. Lire le discours  – Regarder la video

La réunion du CA du CSAO s’est ouverte ce 18 juin par un séminaire sur les villes et l’urbanisation, l’économie alimentaire, l’emploi et les femmes. Cette journée thématique a été l’occasion pour le Secrétariat de partager les résultats des travaux analytiques en cours. Les présentations s’appuyaient sur des points de vue d’acteurs locaux et démontraient la façon dont les données actualisées et les méthodes innovatrices contribuent à notre connaissance des transformations dans la région. Une table ronde informelle a été l’occasion d’échanger sur les enjeux de sécurité au Sahel. Une exposition des œuvres de Ricci Shryock, une photographe basée à Dakar, a été organisée en marge de la réunion.

Regarder toutes les photos ici

(copyright SWAC/OCDE)

 

President du CSAO depuis 10 ans, F-X. de Donnea préside son dernier Conseil d’Administration

Les 18 et 19 juin 2018, François-Xavier de Donnea a présidé à l’OCDE pour la dernière fois le conseil d’administration du CSAO.
Son mandat se terminera, après 10 ans de présidence,  le 31/12/18. Il présidera encore la semaine africaine du Club début décembre.
A cette occasion il a prononcé le discours à télécharger ici
 Avec le Président Brou de la CEDEAO