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journées noires ont suscité une émotion qui s'est traduite par
un mouvement de solidarité, qui a permis d'accueillir en Belgique
15.000 réfugiés hongrois. Un grand nombre d'entre eux y sont
restés et se sont parfaitement intégrés, sans pour autant
oublier leur terre natale. Ils ont connu la solitude de l'exil,
mais leur sort est enviable par rapport à celui des dizaines de
milliers de victimes de la répression.
Beaucoup
ont reçu des bourses du gouvernement belge pour poursuivre des
études supérieures chez nous, et sont devenus médecins,
ingénieurs ou professeurs. Certains sont même devenus
célèbres, comme le professeur Lamfalussy, qui fut le premier
président de l'Institut monétaire européen, mis en place en
1994.
Plus
de trente ans avant la chute du rideau de fer, la Hongrie a donné
au monde une leçon d'honneur et de courage, en ne transigeant pas
avec son aspiration à la liberté et à l'indépendance, malgré
un contexte international extrêmement défavorable. Fidèle à sa
conscience nationale, elle a refusé la soumission et a défié la
volonté impériale d'une superpuissance.
Cette
révolution a démontré que le combat pour la liberté n'est
jamais vain. Malgré l'apparence de la défaite, les insurgés
hongrois ont non seulement définitivement arraché le masque
démocratique de la dictature, ils ont aussi inspiré les
générations suivantes.
Cinquante
ans plus tard, il est juste de rendre hommage aux combattants
hongrois pour la liberté de 1956. Nous leur sommes d'autant plus
redevables de cet hommage, qu'à l'époque, ils ont été
largement abandonnés à leur sort. Ce
sont des héros qui ont contribué de manière décisive à
l'évolution vers une Europe unie et démocratique, libérée du
totalitarisme et du spectre de la guerre.
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