Détail
géographique, vous êtes né dans la province d’Anvers,
à Edegem, fertile terroir qui évoque la personnalité
d’un autre illustre ministre d’Etat, ancien Premier
ministre.
Votre
enfance se déroule dans cette région des Flandres, au sein
d’une famille dont le père est liégeois et la mère
anversoise. Ce creuset vous permettra de pratiquer avec
aisance les langues du Nord et du Sud de nos contrées.
Certes,
vous n’êtes pas tombé dans la marmite politique dès
votre prime enfance. Vous êtes le seul membre de votre
famille à vous être engagé dans cette voie.
C’est
au cours de vos humanités chez les jésuites que la lecture
d’auteurs latins tels Cicéron suscite votre intérêt
pour la chose publique. Cet intérêt précise votre goût
pour les sciences économiques qui vous apparaissent comme
l’un des meilleurs outils pour comprendre les mécanismes
qui régissent le fonctionnement des sociétés modernes
ainsi que les rapports de force entre les différents
groupes socio-économiques qui se rencontrent dans
l’arène politique.
Vous
entamez des études que vous terminerez brillamment à
l’Université catholique de Louvain, et que vous
poursuivez ensuite à l’Université californienne de
Berkeley puis à l’Université Erasmus à Rotterdam.
Bardé
de diplômes belges, américains et hollandais, Master of
business administration, docteur en sciences économiques,
vous embrassez la carrière académique et assumez les
fonctions de professeur d’économie, spécialiste en
gestion publique à l’Université catholique de Louvain.
Vous enseignerez également à la Faculté universitaire
catholique de Mons ainsi qu’à l’Ecole des
administrateurs militaires.
Mais
le virus de l’engagement politique vous taraude. Vous
êtes de ceux qui savent que c’est par son action que
l’homme peut transformer sa destinée. En 1974, Etienne
Knoops, alors secrétaire d’Etat aux Affaires économiques
vous appelle pour diriger son cabinet, ce qui vous permettra
de confronter les méthodes de gestion publique enseignées
à l’université avec celles du terrain. Vous serez
ensuite également administrateur public dans diverses
sociétés dont le Centre d’étude de l’énergie
nucléaire à Mol.
De
cette époque date aussi votre amitié avec feu notre
regretté collègue, le ministre d’Etat Jean Gol.
En
1981, le Sénat vous coopte en son sein, où vous assumerez
la présidence de la commission des Finances. Lors d’un
remaniement ministériel en 1983, vous rejoignez le
gouvernement de Wilfried Martens en qualité de secrétaire
d’Etat à la Coopération au développement.
Entre
1985 et 1988, vous serez ministre à la fois de la Région
bruxelloise et de la Défense nationale. En votre qualité
de maître des armées, l’on vous aperçoit tous azimuts,
avec le casque de cuir du tankiste, la combinaison orange
des marins ou la tenue de vol des pilotes de chasse. C’est
votre période «Top Gun». Vous régalez l’œil glouton
des caméras avides d’images spectaculaires : suspendu au
treuil d’un hélicoptère, vous vous faites « dropper »
sur le pont de l’un de vos vaisseaux puis vous patrouillez
dans le Golfe persique à bord d’un dragueur de mines de
notre Force navale avant de survoler nos campagnes en
chasseur F 16. L’on vous voit aussi patauger dans la
gadoue et partager la gamelle de nos fantassins lors de manœuvres
en Allemagne.
Plus
sérieusement, nous retiendrons que vous aurez à la tête
de ce département, veillé à procéder avec doigté et
compétence aux nécessaires restructurations mais aussi à
réaliser des économies budgétaires sans réduire les
capacités opérationnelles de nos forces armées.
Les
aléas de la vie politique entraînent pour un temps votre
formation dans l’opposition. Sans doute, à cette époque,
votre vie publique vous a-t-elle laissé quelque peu la
bride sur le cou et accordé plus de temps pour vous
consacrer à vos loisirs ou vous ressourcer. Vous avez
confié un jour que vos goûts littéraires se portaient
surtout sur les essais historiques, les biographies et
mémoires, mais que vous appréciez également les œuvres
d’un Thomas Owen ou d'un Gabriel Garcia Marquez, ou encore
dans un genre tout différent, de l’un des grands
romanciers du XXe siècle, le liégeois Georges Simenon.
Après
avoir quitté la forteresse Défense nationale, vous
effectuez un repli sur les bastions du Parlement fédéral
puis du Parlement européen. L’exercice de votre mandat de
député européen vous permet d’affirmer vos profondes
convictions européennes.
La
dernière décennie du siècle passé vous verra ceindre
l’écharpe mayorale de votre chère ville de Bruxelles.
Vous vous attachez à consolider le rayonnement européen de
notre capitale, à renforcer sa sécurité et accentuer son
renouveau urbanistique. Vous menez une lutte efficace contre
les chancres urbains et l’on vous doit la disparition des
plus tristement célèbres d’entre eux situés dans le cœur
historique de la cité tel l’Hôtel Central. Les lecteurs
d’un journal bruxellois de grande diffusion vous
décerneront d’ailleurs le Manneken pis doré et la
qualité de Bruxellois de l’année 1995.
En ces
années là, tel en son temps Charles Buls toujours flanqué
de son compagnon canin, vos visiteurs à l’hôtel de ville
de Bruxelles vous rencontrent jalousement veillé par votre
fidèle bouledogue français répondant au doux nom de
Soupir. Certains jours, l’animal vous ravira d’ailleurs
le rôle de vedette de la ville.
Une
autre image qui nous revient à l’esprit lorsque l’on
évoque ces temps passés est celle où vous officiez en
grand uniforme de bourgmestre lors du mariage du prince
Philippe et de la princesse Mathilde. Honneur insigne, dans
la mesure où tout au long de notre histoire, seuls six
bourgmestres eurent le privilège de marier un roi ou un
futur roi.
Après avoir exercé le maïorat de la ville de Bruxelles et
œuvré à développer son rôle de carrefour géopolitique,
vous assumerez les fonctions de ministre-président de la
Région de Bruxelles-Capitale. Vous pourrez poursuivre votre
action en faveur du développement harmonieux du caractère
international du cœur de l’Europe.
Très
cher Collègue François-Xavier,
Chacun
s’accorde à reconnaître que vous avez l’envergure
d’un grand serviteur de l’Etat et que vous avez rendu
d’éminents services à notre nation.
Travailleur
infatigable, précis et méthodique, vous êtes un homme
d’ordre qui gère ses dossiers avec sérieux et
compétence.
Nous
avons toujours pu apprécier votre profond engagement à
défendre vos idéaux tout au long de votre parcours
politique qui vous a permis de couvrir un spectre très
large d’expériences.
Nous
vous souhaitons de tout cœur de poursuivre de longues
années encore le combat qui est le vôtre et d’y puiser
beaucoup de bonheur.